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Accueillir les familles d’enfants allophones

08 / 02 / 2021

Dans l’école du secteur dont l’élève relève, un premier entretien assez succinct permettra d’établir une fiche de renseignements que l’école pourra garder puisque l’élève est susceptible de revenir dans l’école l’année suivante : identité, scolarité antérieure, fratrie, contact de traducteur …

Dans l’école où il y a une UPE2A, un entretien plus poussé avec les familles, mené par l’enseignant d’UPE2A, est recommandé. C’est un moment essentiel dans l’accueil de l’enfant et de sa famille pour qu’ils comprennent les enjeux, les attentes et les contraintes de la scolarité. Ce premier contact des enfants et de leurs familles avec l’institution scolaire est déterminant pour la suite de la scolarisation en France de l’élève.
En effet, la première rencontre avec l’institution scolaire conditionne la constitution d’un capital de confiance pour les parents et d’estime de soi pour l’élève. C’est pour ces raisons qu’il est impératif de prendre le temps de l’accueil car sur le long terme, les parents sont les garants de la continuité du parcours scolaire de leur enfant.
Ainsi, engager une relation à parité d’estime est un acte de reconnaissance de leur légitimité éducative. Il s’agit aussi de rassurer l’élève et de l’accompagner dans un parcours scolaire conditionné par l’apprentissage d’une nouvelle langue de scolarisation et de socialisation scolaire. Ainsi mis en confiance, il lui sera plus facile de s’engager dans la poursuite de sa scolarité dans le système éducatif français.

Donc, l’enjeu de cet entretien est la réussite de l’inclusion et de la scolarité de l’enfant. Cet entretien doit permettre à la fois de recueillir des informations concernant l’enfant et de rassurer la famille. Il doit donc être mené avec soin, mais sans être inquisiteur, et dans de bonnes conditions – essayer de prévoir un traducteur. Il est donc souhaitable que la famille et l’enfant soient véritablement accueillis sur Rendez-Vous.

I. L’information aux familles

L’obligation d’accueil dans les écoles et établissements s’applique de la même façon pour les élèves allophones arrivants que pour les autres élèves. Cet accueil commence par une information claire et facilement accessible qui présente le système éducatif français, les droits et les devoirs des familles et des élèves ainsi que les principes qui régissent le fonctionnement de l’école.
Dans ce but, un livret d’accueil bilingue a été élaboré. Il est pour l’instant disponible sur le site Eduscol en douze langues : albanais, allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, portugais, romani, roumain, russe, tamoul et turc.

Ce livret est également disponible en version audio sur le site Eduscol, pour cinq langues : anglais, arabe, portugais, romani, russe et tamoul.

II. L’entretien avec les familles

L’entretien d’accueil de la famille doit permettre à la fois de recueillir des informations concernant l’enfant et de rassurer la famille.

1. Faciliter le contact

Lorsque les parents ou le tuteur sont allophones, il est souhaitable qu’ils soient accompagnés d’une personne de leur choix qui pourra servir d’interprète et faciliter ainsi le dialogue. Cette personne pourrait alors être le médiateur de référence entre l’école et la famille.
Pour la traduction, on pourra également se tourner vers le tissu associatif local qui peut constituer une ressource potentielle. On pourra également s’adresser à l’association Inter-Service Migrants pour un interprétariat par téléphone. (cf. fiche pratique ISM)

2. Recueillir les informations

Sans être intrusif, cet entretien doit permettre de recueillir un maximum d’informations sur la situation familiale de l’enfant, la qualité de la scolarisation antérieure (langue de scolarisation, élève peu scolarisé, scolarisé tardivement ou irrégulièrement, débutant en lecture ou lecteur confirmé...), ses compétences linguistiques et celles de ses parents ou tuteurs (langue(s) parlée(s), lue(s) et écrite(s)).

3. Présenter l’organisation du système scolaire français

Tout système scolaire étant fortement ancré dans des spécificités culturelles celles-ci doivent être, dans la mesure du possible, explicitées aux parents (cycles, aide aux élèves en difficulté, maintien...) en comparaison avec le système scolaire d’origine. Les parents doivent être informés que leur enfant sera évalué afin de déterminer son niveau scolaire et la classe dans laquelle il sera inscrit.

4. Expliciter le fonctionnement

Le fonctionnement propre à l’école sera également présenté de façon très explicite :
a. les information de base sur l’école

  • - fournitures scolaires, fonctionnement de l’école (jours sans classe, heures, modalités d’entrée et de sortie, cahier de liaison, etc.), cantine, les possibilités de l’accueil péri-scolaire, aide personnalisée, piscine, sorties,
  • - élections car les parents de nationalité étrangère bénéficient des mêmes droits que les parents français (droit de vote et éligibilité aux élections de représentants de parents d’élèves dans les conseils d’école).
    b. les adresses utiles :
  • - Centre social de quartier, centre de loisirs, associations socio-culturelles et péri-scolaires, clubs de sport...
    – Cours de français pour adultes, mission locale, OEPRE...

On veillera, tout au long de l’année, à informer la famille de toutes les décisions concernant l’enfant (décloisonnement, soutien, prise en charge particulière...).

5. Visiter l’école

Une visite de l’école (classe, cantine, BCD, toilettes...) peut, par exemple, être l’occasion de présenter les différents personnels, leur fonction, leur rôle. Les parents pourront ainsi se représenter les lieux et les personnes que leur enfant fréquentera au moins six heures par jour et ainsi le confier plus sereinement.

III. QUELQUES IDÉES A COMMUNIQUER AUX FAMILLES PENDANT L’ACCUEIL

La langue étant le premier vecteur de la culture, il est essentiel de promouvoir plurilinguisme et interculturalité dans la perspective d’une intégration réussie au sein de l’école et la société françaises. La langue familiale, tout comme la culture d’origine, doit donc être reconnue, valorisée et pratiquée en famille. Dans le cas contraire, la langue et la culture du pays d’accueil prennent une position dominante (diglossie) qui provoque inconsciemment des réactions de rejet et nuit fortement à l’intégration.
La majeure partie des compétences langagières et linguistiques sont transférables d’une langue à l’autre. Du point de vue des apprentissages, mieux vaut pratiquer la langue d’origine avec naturel et qualité à la maison, plutôt que parler le français de manière artificielle et approximative. En revanche, il faut encourager toutes les activités socioéducatives en langue française en dehors de l’école, afin de favoriser l’apprentissage de la langue en tant que support de communication.

Quelles langues parler à la maison ?
– Ne pas se forcer à parler en français à la maison, mais au contraire pratiquer la (ou les) langue(s) d’origine, et éventuellement continuer de l’étudier (à l’école, avec le CNED, au centre social…).
– Utiliser des supports audiovisuels en langue française : télévision, jeux, logiciels éducatifs et d’accompagnement scolaire…
– Encourager les activités sportives, culturelles, sociales et l’aide aux devoirs (clubs, centres sociaux, centres de loisirs, centres de vacances).

 
Directeur de publication :
Safi Bakhti